Amiane le risque perdure malgré l’interdiction

Le monde n’en a pas fini avec la fibre d’amiante. Encore exploitée et utilisée dans plusieurs grands pays, elle reste omniprésente en France après des années d’usage massif et aucun plan d’éradication n’existe.

Depuis le début de l’utilisation industrielle de l’amiante, il y a 125 ans, plus de 4 000 cas d’usages de ces fibres ont été répertoriés. Réputées pour rendre les produits indestructibles, on les retrouve dans les bâtiments – fibrociment en tête, mais aussi flocage, cloisons coupe-feu, enduits, plâtres, colles, peintures… –, dans l’isolation des fours et appareils de chauffage, les élastomères de freins, les vêtements de protection contre la chaleur, les trains et les navires… L’amiante a même été utilisé dans la filtration des médicaments et des vins. Avis aux amateurs de brocantes : il se cache dans nombre d’objets vintage comme les sèche-cheveux et les boules de bowling.

Son usage a été interdit en France en 1997 et par l’Union européenne deux ans plus tard, avec une mise en application en 2005. C’est le cas dans plus de 65 pays, dont la plupart des pays industrialisés. Avec quelques exceptions notables. L’amiante est encore miné en Russie (790 000 tonnes en 2020), au Kazakhstan (210 000 tonnes), en Chine (100 000 tonnes), au Brésil (60 000 tonnes) et au Zimbabwe (8 000 tonnes), selon l’USGS, le service géologique américain. Soit 1,2 million de tonnes extraites annuellement dans le monde, un volume divisé par deux depuis 2010. Son prix, en baisse régulière ces dernières années (de 1 910 dollars la tonne en 2016 à 1 570 en 2019), a bondi l’an passé à 2 000 dollars la tonne. Les États-Unis, qui tergiversent sur son interdiction depuis un rapport de leur agence environnementale (EPA) fin 2020, en importent chaque année de 200 à 750 tonnes, pour une consommation stabilisée autour de 450 tonnes, contre 803 000 tonnes à son pic en 1973.

https://www.usinenouvelle.com/article/amiante-le-risque-perdure-malgre-l-interdiction.N1076279

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